Archives Happn.

Happn est une application de rencontres basée sur la géolocalisation. C’est assez terrible car, pour peu qu’on y soit un peu actif, on peut facilement se retrouver à avoir baisé tout le voisinage, avec les potentielles conséquences pénibles que l’on sait, entre croisements furtifs à l’épicerie au rayon fromage et rencontres gênantes sur le quai du métro le matin.

Mes rendez-vous Happn sont généralement foireux, mais donnent lieu à des histoires qui font le plaisir de mes amis casés. Autant vous dire qu’ils étaient terriblement déçus que je quitte mon lieu de rencontres virtuel. Heureusement, les copies d’écran existent et les reliques de ma vie de célibataire 2.0 (photos de pénis, texte de présentation douteux, conversation grotesque…) vivent toujours.

C’est beau, la techno.

De l’art de jeter ses poils de sourcils sur son visage

Un samedi que j’allais chercher mon latte  au café du coin en revenant de mon épilation des sourcils, j’ai recroisé Eric, un gentil gars rencontré sur Happn et que j’avais daté à la patinoire – comme dans les films! – et avec qui j’étais aussi tombée 2 fois à la patinoire – comme dans ma vie!

On a discuté poliment 3 minutes et demi, j’ai pris ma tasse en carton et je suis rentrée chez moi d’un pas nonchalant (après tout, c’était samedi matin). C’est là que j’ai constaté avec effroi que j’avais un poil de sourcil fraîchement épilé collé entre mes deux yeux. J’ai insulté mentalement la vie, cette grande folle, et puis j’ai changé de café. Pour toujours.

Mariage ou Sida, même combat

Il y a des périodes du mois où j’ai envie de sauter (sur) tout ce qui bouge. Ce n’est pas spécialement volontaire, c’est mon cycle hormonal, et j’y suis extrêmement attentive. C’est en tous cas dans ces moments là qu’Happn se révèle être d’une aide précieuse.

Un jour de cette phase obsédée, donc, j’ai envoyé un coeur à un profil de mec sympa sur l’app. Le match a été immédiat, et on a convenu de se voir le soir-même – après tout, on n’est pas là pour tricoter.

Comme le gars est propriétaire d’un chouette restaurant en bas de ma rue, il m’a proposé que l’on se retrouve dans son établissement fermé, histoire de boire des Spritz surdosés à l’oeil. Autant dire qu’il avait su trouver les mots pour me séduire, et que je suis descendue de chez moi à moitié nue (c’était l’été, ndlr.), le nez au vent et le soutien-gorge en dentelle noire apparent.

Beaucoup de verres et quelques joints plus tard, je le chevauchais dans toutes les pièces de son loft. On a beaucoup ri et le sexe était très bon. L’homme s’affirmait indépendant, très peu disponible et absolument pas prêt à entamer quoique ce soit de sérieux: living the dream 🙌 Je rentrai donc chez moi cette nuit là d’un pas boiteux mais néanmoins léger, convaincue d’avoir trouvé mon amant pour l’été.

Sauf que. L’homme avait menti. Vraisemblablement accablé par une peur panique de l’abandon, il a entamé l’envoi vers mon 438 d’une véritable avalanche de SMS. Une déferlante de messages incohérents, à toute heure du jour et de la nuit, sponsorisés par le manque total de confiance en soi. Il me proposait que l’on se revoit vite, avant d’ironiser de façon passive-agressive sur ma non-disponibilité immédiate. Au début, j’ai tenté de rester polie.

Et puis j’ai arrêté. Et puis il m’a appelée.

Sur son message téléphonique, il m’a demandé quel était mon problème. Étais-je mariée? Ou l’avais-je contaminé d’une maladie sexuellement transmissible avant de m’enfuir à l’autre bout du pays? Étais-je une travailleuse du sexe? Il m’a indiqué qu’à choisir, il préfèrerait me savoir mariée, mais pouvais-je le rappeler pour le lui confirmer? Merci.

J’ai bloqué son numéro. Mais j’ai conservé le message vocal. On ne sait jamais.

Mais parfois, c’est joli, Happn

Parce que oui, ça se peut. C’est parfois joli comme cette rencontre poétique à souhait avec un photographe devenu mon ami.

Il m’a invitée à prendre le café chez lui un après-midi d’hiver après que nous ayons matché, j’étais en gueule de bois, j’avais froid et la motivation me manquait. J’ai annulé. Il a insisté. Il m’a eue en évoquant des petits gâteaux au chocolat.

J’ai passé plus de 4h avec lui, à boire des litres de soluble sucré en écoutant Noir Désir, avant que l’on sorte son panier à déguisements et que l’on se lance dans une session d’essayage. C’est avec des perruques disco sur la tête que l’on s’est dit qu’on deviendrait bien des vrais copains. Et ça c’est chouette.

 

📷@joeyjamesphoto

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *