Je choisis quoi.

Alors voilà, ça y est, j’en suis rendue là. Fait mal.

J’avais beau freiner des quatre fers, me croire forever young, le temps est bel et bien venu où je ne peux plus vraiment prendre de décision à la légère. Et je ne parle pas uniquement du choix de se saouler un mardi soir comme s’il n’y avait pas de lendemain, non.

Je parle de TOUS les choix de ma vie. De toutes ces décisions qui ont un impact les unes sur les autres, façon domino. Un lourd tribut à payer pour quelqu’un qui célèbre allègrement l’instant présent  – non man, c’est pas facile.

C’est comme si j’arrivais constamment à un carrefour où je dois vite vite décider si je vais d’un bord ou de l’autre, et évidemment les deux chemins sont tentants et je dois me lancer mais j’ai peur. Alors en général je ne fais rien, ou bien je me dirige vers le chemin qui ne m’abîmera pas trop la carrosserie.

Je suis courageuse comme ça, oui.

En fait non, je mens. Parce que tout de même, j’ai quelques fois choisi d’aller YOLO vers le chemin où il y avait pourtant un brouillard bien épais.

Genre quand tu as zéro équipement adapté mais que tu te dis d’accord, c’est maintenant, c’est là, c’est mon tour. C’est comme ça que je me suis retrouvée à vivre à l’étranger, à faire un métier pour lequel je n’ai absolument pas étudié ou, dans un autre registre, à explorer sans complexe tous les méandres de ma sexualité.

Évidemment je ne surprendrai personne avec ce cliché pathétique de dire que c’est en empruntant ces voies a priori déconseillées que j’ai le plus appris. En tous cas une chose est certaine: c’est sur ces chemins que j’ai le plus vécu, et God knows que c’est important de vivre dans sa vie – crois-moi ils sont nombreux les gens qui ont oublié ce principe de base.

Ce concept de «vivre des choses» m’a toujours été cher, mais il me guide réellement depuis que la maladie a emporté ma tante adorée en un claquement de doigts fragiles. Elle avait la voix la plus douce qui puisse exister, et rien ne pouvait lui aller mieux que ça. Mesurée, délicate, contrôlée. Les besoins de son petit monde passaient immanquablement avant les siens – et aujourd’hui elle n’est plus là. S’il est évident que j’ai été très choquée par sa mort, je l’ai été encore plus par le déclic que j’ai eu à ce moment là.

Si je dois partir plus tôt que ce que je voudrais, c’est OK du moment que j’ai vécu avant. Et pas seulement respiré.

Ouais, c’est ça que je me suis dit.

Alors c’est beau et tout mais maintenant j’en suis à ce stade où mes décisions doivent nourrir ce concept de vie que je me suis choisi. Et c’est là que je bloque. About blank.

Parce que comment choisir la route qui me rendra toujours plus épanouie? Comment rester libre mais ne pas rester seule?

Pourquoi devrais-je troquer mes heures en solitaire où je peux créer, lire, écouter, apprendre et découvrir, pour les consacrer à quelqu’un d’autre?

Comment admettre que mes incroyables efforts – enfin payants – pour m’aimer moi d’abord, seront possiblement remis en question si j’autorise quelqu’un à partager ma vie? Mais comment accepter de rester la numéro deux quand on a rencontré Mister Big?

Il faut que cette paralysie soit passagère. Je ne peux pas faillir à la promesse que j’ai faite à ma tante, d’esprit à esprit.

En plus, t’sais, c’est simple. Vivre c’est agir, agir c’est se lancer, se lancer c’est choisir, et choisir, bah ouais, c’est renoncer. Je ne sais juste pas encore ce à quoi je suis prête à dire au revoir.

 

bad-decisions

📷@charliexbarker

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