Des choses à te dire.

Cher toi,

J’ai des choses à te dire. Je ne suis pas fâchée, hein. Mais le fait est que j’ai un petit poids sur le coeur en permanence depuis toi. Puis tu vois, il se trouve que cette bille de plomb est logée beaucoup trop profond maintenant. C’est ça que je voulais te dire: je ne peux pas l’enlever.

Ce n’est pas rien. On dirait que ce n’est pas grand chose comme ça, mais ce n’est pas rien, de comparer l’amour à du plomb qui tue.

Le problème avec les gens comme toi, c’est que vous nous coupez du monde. Du monde réel, je veux dire. Celui où on écoute les conseils avisés de notre entourage bienveillant qui nous protège des gens comme toi, justement. De celui où on ne ment pas sur ce que l’on ressent pour vrai de vrai, 100%.

Moi par exemple, je te le dis, chaque jour, je fais semblant; je fais comme si je ne pensais pas à toi. En te disant ça je réalise que je mens sans cesse – à moi plus qu’aux autres. L’heure est au grave constat: oui, je l’avoue, je me mens tout le temps.

Tout. Le. Temps. C’est long.

J’écoutais une chanson très belle l’autre soir, très belle et très triste bien sûr. Les paroles disaient «c’est long, la vie sans toi» et je me suis sentie vraiment d’accord avec ça. C’est très long de t’aimer aussi fort. Dès que je pense à autre chose, hop! Je repense à toi. Suffit que je cligne des yeux pour que tu apparaisses entre mes cils ou à travers mes paupières, comment fais-tu ça? Parlons-en, un jour.

Il faudrait parler aussi du problème de ta présence, tiens. Car si ton absence me brûle, ta présence, elle, m’incendie totalement. Mon coeur s’emballe, allô les urgences, je voudrais le libérer, mon coeur, le sortir de sa petite poche intérieure comme si c’était un bébé kangourou et puis te le donner. Tiens, le voilà.

Mais cette sensation de perdre pied ne dure qu’un temps: le temps du choc. C’est vrai, tu sais, quand je te vois j’ai un choc cardiaque. Alors attention, pas comme dans les séries médicales où il faut crier «on dégage!» avant la défibrillation, non je parle d’un choc d’amour, c’est tellement plus joli.

Et tu sais ce qui est encore plus joli ? C’est ce qui suit. C’est la douceur la plus ultime, la joie la plus pure, les minutes les plus précieuses. C’est le bonheur de goûter à tes lèvres, d’être celle que tu veux, celle que tu prends avec toute ta belle force d’homme. Ça, ça me rend vraiment très heureuse. Ivre, genre.

Tu me donnes le sourire abruti de la junkie que je suis de toi. Tu me donnes la montée fulgurante et l’effroyable descente, tu me fais vibrer puis tu me fanes, tu me donnes envie de tout puis le goût de rien.

Je suis un peu fatiguée mais je crois que je suis amoureuse de toi.

📷 @kiki_collagist

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