Sexto public.

Ce matin j’ai lu un article sur le revenge porn. Si tu ne le connais pas, voici en quoi consiste ce concept très mature et constructif: il s’agit de se venger de quelqu’un qui nous aurait déçu, rendu fou, rejeté ou autre situation badante pour l’égo en partageant avec le monde entier des photos de lui (ou bien souvent d’elle) dans une position sexu.

Je suis forcément interpellée compte tenu du nombre bien trop élevé de photos nudistes envoyées depuis mon cell à des dudes plus ou moins fiables. Et que j’ai autorisé certains amants à passer en mode vidéo. Et aussi parce que je suis parfois passée outre le premier point du guide 101 de l’envoi de photo porno, à savoir ne jamais, jamais dévoiler son visage, sous aucun prétexte.

Je sais: c’est digne d’une débutante mais parfois je me trouvais jolie de la face en plus d’être sexy du body alors je voulais envoyer la purée. Basique. Cela dit, j’ai moi aussi reçu ma dose d’images crues, allant de la timide main dans le slip au pénis fièrement dressé pour moi – ou pour une autre et recyclé à l’envi, mais je n’en saurai jamais rien.

Bref, tu auras compris: j’ai lu l’article avec attention.

On y donne l’exemple d’une jeune femme qui a eu une aventure avec un homme marié au travail. Ils ont eu du gros fun, elle lui a fait une fellation devant un miroir et a documenté la chose. Elle lui a partagé l’image en toute confiance. Lui, il l’a partagée à tous leurs collègues le jour où elle l’a laissé. Tous leurs collègues, puis leur boss aussi tiens, et puis ses parents à elle. Histoire de faire les choses en grand, t’sais.

Cette jeune femme ne se doutait certainement pas que cette seule pipe la mènerait à se faire salement licencier et à être considérée par tous ses collaborateurs comme la reine des catins. Ni que le gars en question ne serait, pour sa part, pas inquiété – leur patron souhaitant protéger son mariage.

Jusqu’où, dans cette sordide histoire, le curseur de l’hypocrisie a-t-il été poussé? Comment oublier que le sexe que la jeune femme avait dans la bouche appartenait bel et bien à un homme, et que par conséquent elle n’était pas la seule cochonne du groupe?

L’article poursuit en expliquant que tout ça viendrait du fait que la société condamne encore les femmes qui exposent leur sexualité à la face du monde. Être libérée et jouer un peu trop souvent aux fesses n’est clairement pas bien vu. En tous cas envoyer un Snap qui le prouve est fortement déconseillé.

Ça vient me chercher, bien sûr: j’écris sur le sexe et sur mes propres expériences en lien avec la chose, ça en dit long sur mon côté exhibitionniste. Mais je contrôle mes prises de parole, ce sont mes mots. Choisis toujours, enjolivés parfois, inventés pourquoi pas. C’est mon affaire. Le revenge porn, c’est l’intimité d’une personne dévoilée au grand jour sans son consentement, c’est une agression et ça me fait froid dans le dos.

Je suis curieuse de savoir ce qui se passe dans la tête de quelqu’un qui, comme le monsieur cité plus haut, expose sa maîtresse aux yeux du monde. Se sent-il fort? A-t-il la conscience tranquille? Son reflet dans le miroir est-il celui d’un homme digne, respectable? Y pense-t-il quand son épouse prend son lamentable pénis dans sa bouche à elle?

Monsieur, tu me dégoûtes. Toi et tous ceux qui piétinez allègrement la confiance que les autres ont en vous, vous me dégoûtez. Je vous souhaite les pires fellations au monde pour le restant de vos jours. Au moins.

On ne devrait jamais se demander si le gars qui nous prend en levrette n’est pas en train de filmer secrètement nos fesses pour envoyer la vidéo à notre patron. Sauf qu’on n’est sûr de rien… Alors surveillons nos arrières (wink wink).

📷 @kmichel_e_b

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